Sony RX10 : la renaissance d’un bridge culte, huit ans après

Il existe une catégorie d’appareils photo qui refuse de mourir, malgré la domination des hybrides plein format et la montée en puissance des smartphones. C’est celle des bridges experts à grand capteur, et Sony vient de lui offrir un nouveau souffle avec le RX10 V, présenté le 9 juillet 2026.

Une gamme pensée pour ne jamais changer d’objectif

Depuis son lancement fin 2013, la philosophie de la série RX10 n’a jamais varié : loger un capteur de 1 pouce, quatre fois plus grand que celui des bridges classiques, derrière un objectif fixe à très grande amplitude. Cette formule a évolué progressivement au fil des générations. Le RX10 II, en 2015, a introduit un capteur Exmor RS empilé et la vidéo 4K. Le RX10 III, en 2016, a triplé l’amplitude du zoom en passant à un 24-600mm f/2.4-4. Le RX10 IV, sorti à l’automne 2017, a complété la formule avec un autofocus à détection de phase et une rafale à 24 images par seconde, pour un tarif de lancement à 2000€.

Après huit ans de commercialisation, Sony a mis fin au RX10 IV début 2025, sans confirmer de successeur. Faute d’alternative crédible sur le segment des capteurs 1 pouce couplés à un long zoom lumineux, le boîtier s’est maintenu dans les guides d’achat grâce au marché de l’occasion, sa cote grimpant même au-delà de son prix de lancement.

Pour qui est réellement pensée cette gamme ?

Le RX10 IV s’adressait aux photographes exigeants qui recherchent polyvalence et qualité sans compromis, avec un châssis tropicalisé et une prise en main proche d’un reflex. Trois usages ressortent nettement :

  • Le voyage : un seul boîtier qui couvre tout, du grand-angle au super-téléobjectif, sans avoir à transporter un sac d’objectifs.
  • L’animalier et l’ornithologie : le zoom 24-600mm (équivalent 25x) permet d’approcher des sujets lointains sans optique dédiée, un argument central pour les amateurs de nature et d’oiseaux.
  • Le sport : la rafale rapide couplée à un suivi autofocus performant permet de capturer l’action sans faille.

Ce n’est cependant pas un appareil pour tous les publics. Son tarif premium (2000€ pour le IV, 2500€ pour le V) et sa polyvalence orientée expert le destinent davantage à des photographes avancés ou semi-professionnels qu’à des débutants, et les puristes de la qualité d’image absolue lui préféreront toujours un hybride plein format à objectifs interchangeables.

Le RX10 V : une remise à niveau électronique plutôt qu’une révolution

Neuf ans après le Mark IV, Sony choisit la continuité plutôt que la rupture. Le couple capteur-objectif reste rigoureusement identique : capteur Exmor RS empilé de 20,1 mégapixels et zeiss Vario-Sonnar 24-600mm f/2.4-4. En revanche, Sony revoit entièrement l’électronique interne du RX10 V pour rattraper le niveau de ses hybrides les plus récents, avec le processeur Bionz XR et une unité de traitement dédiée à l’intelligence artificielle, identique à celle des A7R V et A1 II.

Concrètement, cela se traduit par un autofocus à reconnaissance en temps réel étendue (humains, animaux, véhicules), une rafale portée à 30 images par seconde, une vidéo 4K jusqu’à 120 images par seconde, et une autonomie doublée grâce à la batterie NP-FZ100. L’ergonomie abandonne également les codes hérités du reflex au profit d’une prise en main proche des hybrides récents de la marque.

Sony commercialise le RX10 V à partir d’août 2026, au tarif de 2499€ — une augmentation par rapport au prix de lancement du Mark IV, mais qui suit exactement l’inflation sur neuf ans. Les premières commandes seront disponibles dès le 17 juillet 2026 sur camara.net.

Une stratégie de continuité qui interroge

Le choix de conserver à l’identique le couple capteur-objectif depuis 2016 peut se lire de deux façons : soit cette base optique était déjà si aboutie qu’elle n’avait pas besoin d’évoluer, soit Sony n’a plus d’intérêt à investir massivement en R&D sur une niche de bridges premium qui pèse peu face aux ventes d’hybrides plein format. Quoi qu’il en soit, l’essentiel du bond technologique du RX10 V se concentre sur la vidéo, l’ergonomie et le traitement d’image, plutôt que sur l’image fixe pure — un choix cohérent avec un public qui, en 2026, filme sans doute autant qu’il ne photographie.

Reste que pour les amateurs de nature, de sport et de voyage léger, la RX10 demeure une des rares solutions capables de remplacer un sac entier d’objectifs par un seul boîtier.


En partenariat avec Camara Grenoble, ma boutique photo coup de cœur

Rejoignez la newsletter

Recevez mes derniers récits et photos directement dans votre boîte mail.

Si vous ne recevez pas le mail de confirmation, vérifiez vos spam.

Partager cet article

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *