La montagne n’appartient à personne !

Je partage régulièrement des photos de paysages sur mon blog et sur les réseaux sociaux. Depuis quelques temps, je reçois des commentaires récurrents sur Instagram. Certaines personnes m’accusent de « faire venir les touristes » en indiquant la localisation de mes photos. D’autres réagissent comme si tel lac ou tel sommet leur appartenait personnellement. Alors, remettons les choses à plat car la montagne n’appartient à personne.

Je précise un point important avant d’aller plus loin. Je suis ambassadeur de plusieurs territoires : le département de l’Isère, Oisans Tourisme et Grenoble Alpes. Ce rôle me tient à cœur, et il vient avec une vraie responsabilité. Représenter ces territoires ne se limite pas à publier de belles photos. Ça implique aussi de porter un message clair sur le respect de la nature, et de le dire haut et fort quand c’est nécessaire.

La nature n’appartient à personne

Un lac, un sommet ou un sentier ne sont la propriété de personne. Ils appartiennent à tout le monde, et donc à personne en particulier. Chacun peut en profiter, à condition de respecter les lieux, la faune et la flore qui y vivent.

Ce sentiment de « propriété » sur un paysage revient souvent chez les premiers randonneurs à avoir découvert un lieu où chez locaux. Pourtant, aucune découverte personnelle ne donne un droit d’exclusivité sur la nature. Par contre, elle donne une responsabilité : celle de montrer l’exemple en matière de respect des milieux naturels.

Partager des paysages n’est pas le problème

Mon objectif n’a jamais été de provoquer du surtourisme. Je veux simplement partager la beauté des paysages présents sur mon territoire, avec les personnes qui, comme moi, aiment la montagne et la nature.

Le vrai problème ne vient pas du partage en lui-même. Il vient du comportement de certains visiteurs une fois sur place : déchets abandonnés, hors-piste sur des zones fragiles, cris qui dérangent la faune, bivouacs sauvages en zone interdite… Je suis le premier à condamner ces comportements. Ils abîment des milieux fragiles, et ils gâchent l’expérience de tous les autres.

Ceci dit, je comprends aussi la crainte derrière ces critiques. Certains lieux ont effectivement souffert d’une fréquentation trop importante, trop rapide, sans accompagnement. La question de la géolocalisation précise mérite donc d’être posée sérieusement, plutôt que balayée d’un revers de main.

Sur le terrain, je constate d’ailleurs souvent la bêtise humaine. Certaines personnes se croient tout permis dès qu’elles posent un pied en pleine nature. Elles allument un feu là où c’est strictement interdit. Elles se baignent dans des lacs protégés, sans se soucier des zones de reproduction. Elles s’installent parfois plusieurs jours au bord de l’eau, avec tente, glacière et musique, comme si un lac de montagne était un camping avec emplacement réservé. Elles laissent leurs détritus sur place, comme si la montagne était une poubelle à ciel ouvert. Certaines poussent même la feignantise jusqu’à rouler en voiture le plus loin possible, pour éviter de marcher ne serait-ce que quelques centaines de mètres. Je méprise ce genre de comportements. Ils n’ont rien à voir avec le simple fait de partager de belles photos.

Mon choix : rester vague sur la localisation

Face à ce constat, j’ai pris une décision. Je ne localise plus précisément mes lieux de randonnée sur mes publications. Je reste désormais volontairement plus vague sur le secteur exact.

Cette décision ne change rien à mon envie de partager. Elle limite simplement le risque qu’un lieu fragile se retrouve soudainement submergé de visiteurs, sans que ceux-ci en connaissent les règles de base.

Les bonnes règles à respecter en montagne et près des lacs

Que vous suiviez mes publications ou non, voici les règles essentielles à connaître avant de partir en randonnée, en montagne ou près d’un lac.

En montagne :

  • Restez sur les sentiers balisés, pour ne pas abîmer la végétation et les sols fragiles.
  • Emportez tous vos déchets, sans exception, y compris les mégots et les épluchures.
  • Ne cueillez pas les fleurs et les plantes protégées, même en petite quantité.
  • Gardez vos distances avec la faune sauvage : marmottes, chamois, bouquetins. Ne les nourrissez jamais.
  • Respectez le silence des lieux, surtout tôt le matin et en fin de journée, lorsque les animaux sont les plus actifs.
  • Refermez systématiquement les clôtures et barrières agricoles derrière vous.

Autour des lacs :

  • Ne vous baignez pas dans les zones où c’est interdit, souvent pour protéger des zones de reproduction.
  • Évitez de camper sauvagement en bordure immédiate, sauf si le bivouac y est explicitement autorisé.
  • N’utilisez ni savon ni shampoing dans l’eau, même biodégradable : l’impact sur les micro-organismes reste réel.
  • Repartez avec vos déchets, y compris les restes de nourriture qui attirent et déséquilibrent la faune locale.

Dans tous les cas :

  • Renseignez-vous en amont sur la réglementation locale (parc naturel, réserve, zone Natura 2000).
  • Privilégiez les horaires creux pour limiter la pression sur les sites les plus fréquentés.
  • Donnez l’exemple : un comportement respectueux en entraîne souvent d’autres.

S’évader oui, mais en respectant ces milieux fragiles

La montagne, les lacs et les grands espaces nous offrent énormément : de l’air pur, du silence, de la beauté, et une vraie déconnexion. Ils méritent en retour d’être traités avec soin, quel que soit le nombre de personnes qui les visitent.

Partager de belles photos et respecter la nature ne sont donc pas incompatibles. Ils sont même complémentaires, à condition de le faire avec conscience et responsabilité.

Et vous, qu’en pensez-vous ? Faut-il totalement arrêter de localiser les lieux qu’on partage, ou la solution passe-t-elle plutôt par une meilleure sensibilisation des visiteurs ? Je suis curieux de lire vos avis en commentaire.


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